Le Parlement bruxellois approuve le principe de l‘’ agent of change »
La Commission Urbanisme du Parlement bruxellois a donné son feu vert aujourd'hui au principe de ‘ l'agent of change ’, une modification du Code bruxellois de l'urbanisme et de la Région flamande qui profitera surtout à la vie nocturne. Selon ce principe, ceux qui viennent s'installer à proximité d'une discothèque ou d'une salle de concert existante devront prendre eux-mêmes des mesures pour en limiter les nuisances sonores. “ De cette façon, nous évitons qu'un nouvel voisin ne puisse faire fermer un établissement comme le Fuse à l'avenir ”, déclare Pascal Smet, chef de groupe pour Vooruit.brussels, qui a déposé la proposition avec Anne-Charlotte d’Ursel (MR). La proposition sera désormais discutée lors de la séance plénière du 22 mai.
La vie nocturne bruxelloise est sous pression depuis longtemps, avec la fermeture récente de discothèques renommées comme Spirito et La Cabane. Les propriétaires de clubs avaient déjà tiré la sonnette d'alarme, craignant une disparition quasi totale de la scène clubbing bruxelloise si des mesures ne sont pas prises rapidement. Il y a eu aussi l'histoire de Fuse, l'une des discothèques bruxelloises les plus connues, qui a dû fermer pendant un certain temps suite à des plaintes pour nuisances sonores. Celles-ci émanaient d'un nouveau voisin.
“À l'avenir, cela ne pourra donc plus se produire”, déclare Pascal Smet, chef de groupe Vooruit.brussels au Parlement bruxellois et initiateur de la proposition. “C'est une étape importante dans la protection de la vie nocturne dans la capitale. Elle fait partie de l'ADN bruxellois et confère à notre ville une attraction et un rayonnement nationaux et internationaux. Il n'est pas possible que quelqu'un qui emménage à côté d'une discothèque qui y est établie depuis 30 ans puisse ensuite la faire fermer pour nuisances sonores. C'est le monde à l'envers.”
Une question de bonne gouvernance
C'est pourquoi Smet, avec Anne-Charlotte d’Ursel (MR), a déposé une proposition d’ordonnance. L’intention était d'intégrer le principe de ‘ l'agent of change ’ dans le Code bruxellois d'Aménagement du Territoire et dans le Code du Logement bruxellois.
“Le principe est simple,” dit zegt de fractieleider van Vooruit, “ Celui qui provoque le changement assume la responsabilité. Si vous venez vivre à côté d'un club existant, vous devez prendre des mesures contre les nuisances sonores. Mais la même chose s'applique dans le sens inverse : une nouvelle boîte de nuit doit respecter ses voisins et veiller à ce qu'ils ne subissent aucune gêne de leurs activités. C'est la logique même et une question de bonne gouvernance. ”
La proposition cible spécifiquement les ‘ clubs ’. Les installations ou événements temporaires en extérieur, comme par exemple la Foire du Sud, n'entrent pas dans cette catégorie. De plus, il existe également un aspect urbanistique : la proposition stipule également que toute personne construisant une nouvelle bâtisse ou rénovant en profondeur un bâtiment en vue d'en faire un logement ou un hôtel, dans un périmètre de 20 mètres autour d'une discothèque existante, sera informée qu'un bruit potentiel pourra avoir lieu sur place.
“Le principe dit ‘ agent of change ’, tel qu'il existe par exemple déjà à Londres, est vraiment avant-gardiste. Le dernier à s'installer est celui qui porte la responsabilité : cela contribue à trouver un équilibre entre la qualité de vie des habitants du quartier et la protection de la vie nocturne et des clubs, qui participent au rayonnement de Bruxelles., dit Anne-Charlotte d’Ursel (MR), première co-auteure de la proposition.
Mesure nécessaire
“Avec cette seule mesure, nous ne sauverons pas la vie nocturne à Bruxelles, mais tout comme son classement au patrimoine immatériel, c'est un pas important dans la bonne direction. C'est une mesure nécessaire, mais pas la seule qui devra être prise”, conclut Pascal Smet.
