La pénurie d'enseignants à Bruxelles constitue et reste une menace aiguë pour l'avenir de nos enfants. Des chiffres récents ont une nouvelle fois montré que l'enseignement néerlandophone est le triste leader en matière de postes vacants. Sur l'initiative de la députée flamande Hannelore Goeman (Vooruit), le parlement flamand a donc récemment approuvé une mesure d'urgence importante. À partir d'aujourd'hui, les écoles néerlandophones de Bruxelles pourront convertir toutes les heures d'enseignement non pourvues en crédits. Ils pourront ainsi recruter immédiatement du personnel supplémentaire pour des tâches non pédagogiques et soulager les enseignants. “ Nous devons tout mettre en œuvre pour retenir les enseignants en poste et leur apporter un soutien supplémentaire ”, déclare Goeman.
Les conséquences du manque d'enseignants à Bruxelles sont graves. Des centaines d'enfants passent parfois des mois sans professeur de néerlandais ou de mathématiques et restent des heures en étude. Certaines écoles sont passées à une semaine scolaire de quatre jours. Dans les cas les plus dramatiques, des écoles ferment une classe entière, comme l'école primaire Balder à Saint-Gilles récemment. Les parents et les enfants doivent alors soudainement chercher une autre école en plein milieu de l'année scolaire. Et trouver une place dans l'enseignement néerlandophone à Bruxelles est de toute façon souvent très difficile.
“ Je suis insomniaque à cause de la façon dont on joue avec les chances de nos enfants bruxellois ”, déclare la députée flamande Hannelore Goeman (Vooruit). “ Bruxelles est la plus jeune région. Notre jeunesse est notre force, mais nous gaspillons aujourd'hui leur talent. Si nous voulons que nos jeunes réussissent dans la vie, ils ont besoin d'enseignants. Et il n'y en a pas assez aujourd'hui. C'est un drame absolu pour notre ville. ”
Goeman souligne que la pénurie d'enseignants à Bruxelles est encore beaucoup plus aiguë que dans le reste de la Flandre : deux fois plus importante qu'à Anvers ou à Gand. Contrairement à la Flandre, la menace de fermetures de classes est malheureusement très réelle ici. Elle plaide donc depuis longtemps pour des mesures d'urgence spécifiques à Bruxelles. Celles-ci visent dans un premier temps à maintenir les écoles à flot en retenant les enseignants présents.
“Lors de mes visites scolaires, j'entends souvent comment les écoles où quelques enseignants partent sombrent rapidement dans une spirale négative : ceux qui restent doivent reprendre beaucoup de travail et se découragent. Surtout maintenant que pour de nombreux enseignants bruxellois qui habitent en Flandre, il y a des postes vacants plus près de chez eux. Ainsi, les écoles bruxelloises se retrouvent parfois rapidement au bord du gouffre.”
“ Nous devons donc avant tout tout mettre en œuvre pour retenir ici les enseignants que nous avons, en prenant bien soin d'eux et en leur apportant un soutien supplémentaire. C'est précisément l'objectif d'un amendement que j'ai fait approuver juste avant la pause, avec mes collègues Daniëls (N-VA) et Vandromme (CD&V). ”
Convertir les heures d'enseignement non attribuées
Concrètement, toutes les écoles néerlandophones de la Région bruxelloise pourront désormais convertir 100% des heures d'enseignement non pourvues en ‘ points ’. Ces points permettront aux écoles de recruter du personnel de soutien supplémentaire. Ce personnel pourra aider à accomplir des tâches non pédagogiques telles que la gestion de classe, l'encadrement des élèves, l'administration, la surveillance, etc.
“ Nous avons besoin de mains supplémentaires en classe. Également comme signal que nous voulons absolument éviter que nos enseignants ne soient laissés seuls – littéralement. ”
Ce système de conversion des heures non effectuées existe également en Flandre, mais il ne s'applique qu'à 20 % de ces heures non effectuées. Compte tenu de la situation critique à Bruxelles, ce plafond y est désormais porté à 100 %. De plus, en Flandre, cette conversion n'est possible qu'à partir du 1er octobre. À Bruxelles, elle est désormais possible dès le 1er septembre, c'est-à-dire dès aujourd'hui.
“Normalement, les directions doivent d'abord essayer pendant un mois de pourvoir les postes vacants avant d'avoir le droit de les transformer, mais à Bruxelles, c'est aujourd'hui une tâche désespérée. De nombreuses écoles bruxelloises commencent de toute façon l'année scolaire avec une équipe incomplète, sans aucune perspective d'amélioration. Il est alors inutile de laisser l'école s'esquinter pendant un mois. Nous donnons maintenant aux directions la possibilité de constituer une équipe le plus rapidement possible.”
Goeman se rend compte qu'il s'agit d'une mesure d'urgence. “ À terme, nous aurons bien sûr besoin de professeurs supplémentaires. Nous avons donc de grandes attentes vis-à-vis des plans structurels du Ministre Demir. Le métier doit être rendu plus attrayant et plus réalisable. Et les formations des enseignants doivent également être renforcées, y compris à Bruxelles. Le grand défi ici est d'amener plus de Bruxellois à enseigner. Cela commence par susciter l'intérêt des jeunes pour le métier, avec des programmes de scouting et de coaching. Mais aussi en investissant dans des opportunités d'apprentissage et de pratique du néerlandais – comme le fait actuellement le gouvernement flamand – afin que nos jeunes Bruxellois soient suffisamment forts à la fin du secondaire pour former la prochaine génération ”, déclare Goeman.
Elle conclut sur une note positive : “ Il y a quelque temps, des centaines d'écoles bruxelloises, néerlandophones, menaient une action avec le message ‘ N'oubliez pas Bruxelles ’. Cette mesure prouve qu'en tant que députés, nous n'avons pas oublié notre capitale pour autant. C'est aussi mon travail en tant que députée flamande de Bruxelles. Il faut travailler à des solutions concrètes à court terme et continuer à miser sur des solutions structurelles à plus long terme qui font progresser notre ville. Toujours avec la même conviction : que la Flandre et Bruxelles non seulement ont besoin l'une de l'autre, mais peuvent aussi se renforcer mutuellement. ”
